Voyage à Brühl

Jeudi 19 au lundi 23 mai 2016
samedi 16 juillet 2016
par  Bernard BAREAU
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De bonne heure, ce jeudi matin, une joyeuse troupe d’irréductibles gaulois s’est mise en route à bord d’un car allemand venu spécialement de Brühl nous chercher. En chemin, nous avons fait étape à Thionville pour un déjeuner bienvenu dans un Crescendo, puis nous avons mis le cap sur la ville de Luxembourg, sous un ciel mitigé mais très correct.  
Là, nous avons entrepris d’explorer la vieille cité fortifiée successivement par les Espagnols, les Néerlandais, les Français et les Prussiens au sommet d’un éperon rocheux vertigineux. Ces touristes belliqueux ont laissé une multitude de bastions, murs, redoutes..., puis nous avons repris la route en passant par Trèves et sa porte noire monumentale où nous avons pu admirer le travail des Romains, recto comme verso, en passant à pied sous la structure très impressionnante édifiée par les légionnaires, il y a deux mille ans. Enfin, vers 19 h 30, nous sommes arrivés devant le Rathaus (la mairie) de Brühl où le Burgmeister, M. Freytag, nous a accueillis par un discours en français en nous offrant à boire ! Puis chacun a récupéré ses hôtes d’adoption pour un dîner en famille et la première nuit à Brühl.

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Le Château de Cochem

Le vendredi matin, nous avons repris le car pour une excursion de la journée dans la vallée de la Moselle germanique, en commençant par le château de Cochem, un burg de style moyen-âge... édifié au XIXe siècle sur des ruines dues aux Français de Louis XIV et de la Révolution (merci), et dont le guide, un Togolais germanisé francophone (si, si, ça existe), nous a régalé d’anecdotes et de fausses pistes.
Nous avons repris le car pour remonter la Moselle jusqu’aux caves de Sonneneck où nous attendait une maxi dégustation de six vins différents (quatre blancs et deux rouges dans de grands verres ballons !), sans crachoir, mais avec accompagnement de charcuteries... Je vous laisse imaginer l’agitation des convives pour le retour à Brühl avec forces bouteilles dans les soutes du car.
Le soir, nous avons dîné au Club gastronomie du Tennis Club de Brühl, invités par nos homologues du jumelage allemand, et surtout par les épouses, qui nous ont gavé de salades, tartes et gâteaux réalisés de leur blanches mains, avant de nous dépenser en dansant au son des musiques de Carnaval proposées par Michael... Au cours de ce repas, nous eûmes droit à une conférence (en français) sur l’occupation française de Cologne pendant la révolution (on trouvera le texte de cette conférence en PJ).
Fondu enchaîné au noir pour la deuxième nuit à Brühl.

Le samedi, journée libre dans les familles, avait lieu une course à pied à travers la ville que certains ont pu apercevoir, voire même y participer (?).
Pour nous, ce fut l’occasion de sortir de Brühl en direction des collines de l’ouest, vers l’Eifel, pour visiter le Freilichtmuseum de Kommern, un ensemble de hameaux où les différents habitats de Rhénanie-Westphalie ont été reconstitués, la plupart des bâtiments étant agrémentés de mobiliers et d’outils des débuts du XXe siècle (chapelle, école, moulins, auberge...).
Nous avons déjeuné à proximité d’un immense hangar où les rues de Cologne à la fin du XVIIIe siècle (l’époque des français !) ont été reconstituées : on joue les voyeurs dans une nuit factice devant des fenêtres où sont présentées des scènes de genre (fiançailles, conseil municipal, départ du fils...), avec beaucoup de cocardes et drapeaux tricolores, sans doute en notre honneur ! Plus loin, deux autres structures abritant un petit musée du jouet et un de Playmobiles s’offraient aux visiteurs.
Mais il fallait être de retour à temps pour se changer et apparaître à son avantage au dîner officiel de la ville de Brühl offert au buffet de la gare, face au Château, dans une ambiance de style guinguette.
Au menu :
· discours du Maire de Brühl, Dieter Freitag, réponse du Maire-adjoint de Sceaux, Chantal Brault, interventions de Michael Wellnitz et Christelle de Batz, représentant les associations de nos villes jumelles ;
· soupe de poireaux-pommes de terre suivie de rôti de porc bouilli servi avec du choux rouge et des knödles et pour finir un dessert à la mousse de bière à la vanille, le tout arrosé de bière Kölch pour la plupart des convives. Ceci représentait un repas typique de la région de Cologne.
Longue vie donc au jumelage et clôture des festivités officielles.

Le dimanche, dernier jour à Brühl, après un réveil un peu plus tardif et un petit-déjeuner encore plus pantagruélique que d’habitude, nous avons participé à la visite du Vieux Brühl avec une guide officielle de la mairie. Nous avons navigué entre la terrasse du château, qui présente la plus belle vue de Brühl sur les jardins, et les rues anciennes de la cité, puis visité l’église baroque, pleine du souvenir des princes-évêques-électeurs, flâné sur la grand-place devant les édifices remarquables (maisons du cygne, de l’étoile...) avant de rejoindre pour déjeuner notre base de séjour.
L’après-midi, nous avons approfondi l’histoire de Brühl par la visite du petit pavillon de chasse de Falkenlust, sorte de château en réduction niché au fond du parc du Schloss Brühl, sur le passage des hérons et oiseaux migrateurs, et destiné à la chasse au faucon des princes-évêques. Il ressemble beaucoup, dans son aménagement intérieur, au Château de Sceaux : quelques grandes pièces remarquables et pas du tout de logeabilité ! Le tout décoré en bleu et blanc, aux couleurs du Prince Clemens-August et de sa Bavière natale. On y voit aussi des portraits de ses trois frères : un empereur, un cardinal et un duc... excusez du peu !
Retour en ville pour notre dernière nuit à Brühl avec, pour nous, un dîner dans un restaurant grec en compagnie d’autres couples français et allemands.

Le lundi matin, après les adieux déchirants habituels, nous avons pris la route de la Belgique et plus précisément de Namur, capitale de la Wallonie francophone, et de sa citadelle où nous étions attendus par une certaine Dame Blanche. C’est le nom d’une auberge installée dans les anciens communs du premier château de Namur, d’où l’on a une vue plongeante sur le cœur de la vieille ville, au confluent de la Sambre et de la Meuse.
Nous y prîmes un repas apprécié, puis nous nous dirigeâmes vers le centre de la citadelle proprement dite pour y visiter des souterrains glauques et visqueux : c’est tout de même curieux cette habitude des militaires de squatter les meilleurs sites avec vue d’aigle pour s’y enterrer comme des rats, avec défense aux civils d’en profiter... Enfin, comme dirait mon petit-fils, « Ils sont fous ces militaires »....
Après une visite rapide du musée sur les différents états des constructions à diverses époques, nous avons eu droit à une partie de secouage de salade dans un petit train qui nous a présenté l’ensemble du vaste site. Après cela, notre déjeuner bien tassé, nous avons repris le car pour la France en allant au plus court pour éviter Reims et ses tentations champenoises... Puis, retour à Sceaux, les yeux, les oreilles et les estomacs remplis de belles et bonnes choses en attendant les prochaines rencontres.

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Photo de groupe
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Conférence sur l’occupation française de Cologne durant la Révolution